Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 17:48

J’ai souvent souligné a quel point il existait selon moi plusieurs catégories de filles . Les premières , sont celles qui ne laissent pas un souvenir impérissable , particulièrement 30 secondes après leur avoir dit au revoir . Viennent ensuite celles qui me charment et avec qui je sors pour peu que j’en ai la possibilité .

C'est-à-dire une fois sur cent , approximativement .

Et il y’a les inaccessibles . Ces filles qui sont exactement ce que l’on pourrait passer une vie a rechercher , parfois a draguer mais bien évidemment toujours vainement , et a côté desquelles je passe généralement en évitant d’attarder trop mon regard pour éviter de souffrir en me disant que de toute façon , je n’aurais aucune chance .

Le réalisme évite souvent de sombres râteaux .

(...)

Alors que j’en étais a la 20eme relecture -et le sourire aux lèvres- de l’article plutôt bienveillant qu’avait écrit Nina sur notre sulfureux week-end , je remarquais un commentaire d’une de ces lectrices : « J'veux le même week end ! Ca fait trop longtemps que ça ne m'est pas arrivé ! S’il était aussi bon au pieu que galant ... tu me donne son msn...! » .

En moins de temps qu’il n’en faut a un hypocondriaque extrémiste pour avaler son premier médicament de la journée , je l’avais dors et déjà rajoutée dans la liste de mes contacts .

Chose étonnante , je fus choqué par notre première discution . Elle avait visiblement le sentiment que j’étais un type enchaînant les filles de la même manière que je bois du coca-cola (une dizaine de canettes a moitié pleines traînent un peu partout dans mon chez moi) , c'est-à-dire sans l’once d’un sentiment et en allant directement a l’essentiel .

De ses propos , je me vis l’espace d’une rêverie transformé en spermatozoïde sur pattes .

Il est possible que je sois sorti effectivement avec un certain nombre de filles , mais j’ai horreur de l’image de tombeur . C’est vrai ! Etant doté d’un manque d’assurance Niagara Fallsiens , je me retiens , chaque fois que je drague une fille , de partir en courant , et prie pour qu’elle ne relève pas trop l’effroyable nervosité qui me ronge .

Le tombeur n’a selon moi pas ce genre d’attitude . C’est une opinion .

Aussi essayais je rapidement de rectifier cette piètre image qu’elle pouvait se faire de moi , au point que vexé dans mon estime personnelle , je me mettais en tête qu’avec elle , ma seule priorité serait d’être un type bien , quitte a ne pas sortir avec elle si la possibilité se présentait .

Je lui ai même proposé de lui payer l’hôtel pour lui éviter de dormir en ma dangereuse compagnie lorsque l’idée de sa venue fit son chemin .

(…)

Mardi matin .

Je me réveillais en sursaut a 8h du matin , la chanson que j’avais programmé en réveil déchirant la pièce , mes tympans , et probablement et comme toujours , ceux de mes voisins . Une fois constaté que mon agonie n’était pas si violente que ça , je me mettais en devoir de ranger mon appartement , afin de faire bonne impression a mon invitée .

Elle ne saura jamais , du moins jusqu'à ce qu’elle lise ses lignes , a quel point le sol d’une salle de bain puisse être dégueulasse dans l’appartement d’un Nico .

Je ne l’avais même pas vu sur photo plus grande qu’un timbre post . Aussi , et alors que je me dirigeais vers la gare , je cherchais les différentes excuses politiquement correctes que je pourrais lui sortir en temps voulu , au cas somme toute envisageable ou j’aurais affaire a une copie conforme d’Yvette Urner .

J’aurais cité Sevran pour peu qu’il ressemble un peu plus a une fille .

« Glubs » . Jamais de ma vie me suis-je senti aussi minable qu’en cette seconde la , cette fameuse seconde ou j’ai compris que c’était elle .

Pour le coup , s’il y’avait un thon dans l’assistance , c’était bien moi .

Cette fille était la perfection incarnée . Rimbaud l’eusse t’il vu qu’il aurait cessé dans l’instant ses pédérasteries (regarder les inconnus pour confirmation de l’existence de ce terme puis jouez au Scrabble : vous allez faire un malheur) . Cette fille était la perfection incarnée donc , disais je : brune , un peu plus petite que moi , un visage angélique , des yeux de biche , et une peau d’une tendresse si apparente qu’il me fut difficile de ne pas la mordre au moment de lui faire la bise .

C’eut été du plus mauvais effet , vous en conviendrez .

Je l’emmenais prendre un petit déjeuner place du Capitole . Puis un verre place St Sernin . Et l’entraînais a Caliceo , ou je mourrais de la voir dans un maillot de bain qui aurait il été transparent ne m’aurait pas permis d’admirer plus ses admirables lignes , sur lesquelles je tentais de ne pas trop m’appesantir .

Déjà que j’avais une difficulté monstre a ne pas me sentir a l’étroit dans mon maillot de bain …

Nous allions ensuite nous attarder a mon salon de thé , ou je passais plus de temps a boire ses paroles qu’a goutter mon pourtant divin crumble aux pommes . Et toujours cette petite voix dans ma tête qui me disait « Oublie , tu n’as aucune chance … » .

Et puis nous prenions la direction des berges de la Garonne , ou nous nous étonnions du manque de fréquentation de ses dernières , déduisant que les Toulousains n’avaient qu’un penchant immodérément modéré pour le soleil .

Au bout de 15 minutes a transpirer comme des couillons , nous allions rejoindre les Toulousains qui avaient brillement choisi de rester a l’ombre …

J’était la , sur ce banc , avec sa tête sur mes genoux , l’envie folle de l’embrasser , d’enfin sentir sa peau contre la mienne , de sentir son odeur , faire subir un sort a ses oreilles et pourquoi pas son cou …

J’ai tenu 30 secondes avant de l’embrasser .

Par Le Nico Enchainé - Publié dans : tlse.confidential
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